Noan

Le blog de Noan

10 décembre 2008

Moulin Rouge : Un show à l'américaine

Comédie musicale de Baz Lurhmann -Etats Unis 2001
Avec Nicole Kidman et Erwan Mc Gregor

Après Ballromm Dancing, histoire d'une Cendrillon de la Danse, Roméo et Juliette, Shakespeare version rock, Baz Lurhmann réalise Moulin Rouge ou l'histoire de Christian, un jeune et pauvre poète romantique, qui s'installe à Montmartre, habitant dans un hôtel miteux, endroit où l'on boit de l'absinthe avec Satie et Toulouse Lautrec. Un soir, après un show du Moulin Rouge, Christian se retrouve dans "l'éléphant" où vit la belle Satine, reine des nuits montmartroises. Après quelques verres dans les nuages, ils tombent amoureux l'un de l'autre. Mais sur terre, le Duc, riche mécène du Moulin Rouge, veille et va tout faire pour posséder la belle Satine. On reconnaît bien là le style de Baz Lurhmann. L'amour, thème toujours dominant dans ses films.

Moulin Rouge est un film sans intérêt ou l'histoire d'amour, d'une extrême banalité, sonne faux. Un show à l'américaine qui nous montre un Paris à la Burton avec des acteurs au "smile" un peu trop Hollywoodien, loin, très loin de ce que l'on imagine être le Paris du début du XXème siècle. Bref, Moulin Rouge, produit purement marketing, est terrifiant de médiocrité. Un mélodrame assourdissant ou les clichés, les mouvements saccadés de la caméra et les chansons empruntées à toutes les époques ne font que rajouter à la pauvreté de ce film et ce, malgré son budget colossal. Comment ce film a t-il pu rencontrer un tel succès ?

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18 juillet 2007

Anna au fil du Temps

Anna et le roi

Etats Unis – Comédie Sentimentale – 1999

Un film d’Andy Tennant

Avec Jodie Foster et Chung Yun Fat

 

la Cour1862. Deux ans après avoir perdu son mari, Anna Leonowens quitte l’Inde avec son jeune fils Louis et se rend au Siam afin d’assurer l’éducation des 58 enfants du Roi Mongkut. Derrière la beauté exotique et l’opulence de la cour, l’institutrice découvre un monde complexe et secret, dominé par la figure d’un « dieu vivant » qui exerce sur ses sujets un pouvoir sans partage.

Accueillie avec méfiance en tant que femme occidentale et représentante de « l’impérialisme britannique », Anna se montre à la fois ferme et diplomate, n’hésitant pas à bousculer le protocole et à user de toute l’autorité que lui confère sa fonction et ses convictions personnelles. Le Roi, qui aspire à réformer son pays, accepte volontiers ces entorses à la tradition qui l’amusent, tout en s’opposant fermement à toute contestation d’ordre culturel ou politique qui mettrait en cause les valeurs fondamentales du royaume.

Les heurts sont donc fréquents entre ces deux fortes personnalités, mais la joute, aussi vive soit-elle, n’entame pas l’estime réciproque que se vouent Anna et le Roi. Derrière le monarque absolu, l’institutrice découvre, au fil des mois, un homme légitimement inquiet de l’avenir de sa dynastie et fragilisé par des intrigues de palais qui menacent directement sa sécurité. Un homme courageux, lucide, généreux, séduisant, fier et dominateur, dont elle marquera à jamais la vie. Une nouvelle version de la touchante histoire d’une préceptrice anglaise à la cour du roi du Siam.

Bien que le principe de l'histoire semble avoir déjà été épuisé. Après Anna et le roi de Siam de John Cromwell, en 1946, après le succès mondial du Roi et moi de Walter Lang, avec Yul Brynner et Deborah Kerr, adaptation, en 1956, d’une comédie musicale homonyme de 1951, après le dessin animé du même titre (1998), Anna et le roi, cette fois interprété par Jodie Foster et Chow Yun Fat, sous la direction d’Andy Tennant, et produit par la 20th Century Fox en 1999.

Les paysages sont grandioses, le jeu de lumière sur le décor nous fait voyager sur notre fauteuil ; Jodie Foster, égale à elle même, est pourtant loin d’être représentative d’une « Anna » à l’anglaise, un peu trop « franco-américaine ». Kristin Scott Thomas, pressentie initialement pour le rôle aurait certainement eu cette réserve caractéristique des britanniques qui manque singulièrement à Jodie Foster… Mais Jodie est Jodie et on comprend pourquoi elle a accepté ce rôle. Tandis qu'elle voulait offrir à son bébé Charles une ouverture à d'autres cultures, c'est exactement ce motif qui pousse Anna à venir au Siam. La curiosité. C'est d'ailleurs le plus beau message du film : le métissage, la découverte, l'apprentissage, et évidemment la communication entre les civilisations... Une vision et un enseignement qui contribueront au maintient de l'indépendance du Siam, à l'abolition de l'esclavage et à la réforme de la justice, par le fils du Roi, et élève d'Anna.

La véritable surprise de ce film vient de Chow Yun Fat qui tient son « trône » en vrai roi, comme s'il avait tenu ce rôle toute sa vie. Conférant au Roi Mongkut une véritable dimension politique bien que plus jeune. En effet, en 1862 Mongkut était alors âgé de 58 ans. Mais Poignant dans ses émotions, son jeu n'est en rien rigide. Il est parfait. Une excellente performance nous montrant à quel point son statut de star du cinéma de Hong Kong n'est pas usurpé.

L'alchimie entre les deux acteurs est parfaite, grâce à une certaine légèreté dans leur façon de s’appréhender l’un l’autre. Ils se devinent, se cherchent, avec en fond un jeu du chat et de la souris… et tout cela ils nous le font partager.

100 ans après cette histoire un peu démodée, le cinéma aura inventé Vacances Romaines, et en cette fin de siècle Coup de Foudre à Notting Hill ... L'évolution des mœurs aidant, de Monarque en star de cinéma, de professeur veuve en bouquiniste divorcé, la relation d'Anna et de ce Roi aurait été moins pudique, plus qu'une simple joue effleurée de la main. Elle aurait été (physiquement) possible de nos jours. Comme un oeuf peut rentrer dans une carafe. Question de climat.Cette version, en plagiant allégrement les deux films suscités, ne possède, malheureusement, ni le lyrisme de l'un ni la passion de l'autre ; la scène de la valse, mythique lorsqu'on connaît les autres adaptations cinématographiques, est carrément escamotée. la direction artistique est globalement superbe et la mise en scène efficace et fluide. On s'amusera de la critique envers le leader britannique et son arrogance, des piques anti-colonisatrices; on regrettera cette vision si esthétisée d'un Siam analphabète, rural, dévoué à son monarque. A notre époque, une vision aussi «romantique», aussi peu politique est un peu une gageure. Trop idyllique, le contexte ne permet pas de «dramatiser» la menace sur la famille royale, en fin de film. Le scénario est parfois trop illustratif : pour exemple, on retiendra qu'on ne voit plus Anna enseigner dès la seconde moitié du film...

Descendue par la critique, cette version reste un film à grand spectacle qui, malgré tout, ne déçoit pas : costumes, paysages, reconstitutions, tout est parfait, et il y a même quelques beaux travellings, même si Andy Tennant n'abuse pas des mouvements de caméra. Le contexte géopolitique n'est pas négligé pour autant : révolutions de palais, importance des puissances coloniales, difficile passage de la féodalité à la modernité, le film a une vertu pédagogique certaine. Et l'intrigue romantique est traitée avec beaucoup de retenue. Une belle réussite malgré quelques lenteurs qui nous font perdre le fil de l'histoire et nous laissent, hélas, le temps de regarder nôtre montre. Mais lorsque le paysage apparaît, tout s'efface et l'on reste fasciné par la beauté de ce décor et de ce pays…

Noan - RB

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13 mars 2007

Maksim Mrvica : Un pianiste hors du commun

Atypique, c’est le moins que l’on puisse dire… Maksim Mrvica pianiste hors normes qui décide de sortir des interprétations purement classiques pour rentrer dans un style qui va devenir sa marque de fabrique. Du classique avec un judicieux mélange de percussions, batterie, basse, guitares électriques et synthé… le tout savamment orchestré sous sa main, son œil et surtout son oreille. L’œuvre qui va le faire connaître du grand public sera « cubana, cubana » dont le compositeur n’est autre que Tonci Huljic, un compatriote croate de ce prodige, qui participa, entre autres, avec Vangelis à la création de la bande originale du film Alexandre le Grand…


Maksim Mrvica est Né en 1975 à Sibenik, sur la côte Dalmate, il est âgé de neuf ans lorsqu'il se produit pour la première fois en public. Il a fait ses études à l’Académie de musique de Zagreb dans la classe de Vladimir Krpan, au Conservatoire Frantz Liszt (Ferenc Liszt en Hongrois) de Budapest.


Il prend la décision de faire ses études à Paris et intègre le prestigieux Conservatoire Alexandre Scriabine et il poursuit son perfectionnement dans de nombreux séminaires, travaillant avec des pianistes de renommée mondiale.Parallèlement, il donne de nombreux concerts en Croatie, notamment comme soliste avec l'orchestre symphonique de la Radio télévision Croate, mais également à Salzbourg, Vienne, Genève, Budapest, Saint-Pétersbourg ou Paris, où il participa en 1999 au Festival de l'art slave.

Il fut lauréat en 1993 du Concours national des jeunes musiciens croates, gagne en 1999 le Grand Prix à Paris du concours international Nicolaï Rubinstein, et s'impose en 2001 aux 11e Rencontres internationales des jeunes pianistes où il remporte le Grand Prix au Concours international de Pontoise. Il a reçu plusieurs prix pour la qualité de son travail, notamment le Prix du Recteur de l'Université à Zagreb en 1997, ainsi que le Prix Rotary de Vienne en 1998.


Parmi ses professeurs on compte des noms aussi prestigieux que Igor Lazko, Semion Balshem, Serge Senkov, Nina Kazimirova, Edit Picht-Axenfeld, Laszlo Baranyay ou encore Christine Parashos. Il est actuellement professeur au Conservatoire National de Zagreb. Il consacre une forte activité pour présenter les œuvres des compositeurs croates et a sorti en 2001 un CD aux éditions « Cantus » éditeur Croate située à Zagreb : « Les gestes », interprétant les œuvres de Detoni, Tarbuk, Josipović, Bradić, Parać, Seletković Drakulić. Sur ce CD, toutes les générations des compositeurs croates y sont représentées. Il contribue aussi au développement de la Biennale de la musique contemporaine de Zagreb (créé en 1961).


Dans le même style que celui que nous donne Maksim, on connaissait Vanessa Mae pour ses interprétations violonistiques très personnelles notamment celles du répertoire baroque (interprétations de la Fugue et Toccata en ré mineur de Bach, sans oublier le 3ème mouvement du concerto pour violon « l‘Estate » en sol mineur de Vivaldi), mais le précurseur de cette esthétique musicale restera incontestablement, et pour beaucoup, le groupe « Rondo Veneziano » qui rencontra un vif succès dans les années 80. Ce style peut être contestable pour les puristes du genre « classique, classique » mais il mériterait, à mon humble avis, d’être plus reconnu du grand public car il permet, d’une certaine façon une ouverture sur le monde du classique réservé, encore trop souvent et pour certain, à une élite. !


Cela dit, Maksim est un remarquable virtuose, il suffit, pour s’en convaincre, de l’écouter en concert dans quelques nocturnes de Chopin ou dans des sonates de Brahms ou de Haydn…son jeu est surprenant, ses mains, telles des tarentules, (certains diraient qu’elles sont Rachmaninoviennes) courent le long du clavier à une telle vitesse allant d’accords en arpèges, de mouvements parallèles en mouvements contraires, les gammes sont d’une netteté, d’une précision… Quand il interprète, une puissance intérieure se dégage lui conférant un extérieur absolument électrisant, envoûtant… Outre une technique remarquable, Maksim c’est aussi un charisme, un regard, une beauté et le plus surprenant un look qui dans tous les cas lui donne une image peu conforme à celle que l’on peut se faire d’un virtuose…


Albums parus:

Variations (1999) – Les gestes (2001) - The player piano (2003) - The new world (2005) - Electrick (2008)


Un grand merci à Seadeta MIDZIC, Ministre conseiller aux affaires culturelles de l’Ambassade de Croatie et musicologue pour son aimable collaboration.

Noan - BR

 

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17 décembre 2006

La transition est toute trouvée...

Avec Shine et David Helfgott, la transition est toute trouvée pour évoquer ce troisième concerto de Rachmaninov. Brève histoire de ce concerto pour piano et orchestre en ré mineur opus 30 d’une part, et une petite discographie comparée d’autre part. Quelques incontournables à posséder dans sa discothèque…

Écrite à Ivanovka, Serguei Rachmaninov en terminera l’écriture le 23 septembre 1909 et sera dédié à Joseph Hofmann, considéré par Rachmaninov comme le plus grand pianiste de tous les temps. Cependant, Hofmann ne le jouera jamais, jugeant l’œuvre trop colossal. Créé à New York le 28 novembre 1909 sous la direction de Walter Damrosch le 3ème concerto connaît un succès immédiat. Rachmaninov terminera le concert les doigts en feu, incapable de jouer le bis que le public lui réclame. La presse se montre plus réservée sur les « longueurs » de l’œuvre ; C’est le début d’une longue guerre froide entre Rachmaninov et les critiques des grands quotidiens américains. Le sommet restera tout de même l’interprétation du N°3 dirigé sous la baguette de Gustav Mahler, le 16 janvier 1910 au Carnegie Hall de New York. L’autorité musicale de Mahler, sa clairvoyance, le soin qu’il apporte aux répétitions, tout cela produit sur Rachmaninov une impression considérable.


Les enregistrements :

Loin de moi de vous dresser une liste exhaustive car il existe plus de 120 enregistrements. J’ai donc fait une petite sélection de mes enregistrements favoris :

1 – Serguei Rachmaninov (Naxos - Historical Recording 1939 et 1940)
Qui mieux que le compositeur peut nous révéler la vérité de son œuvre ? Certes, cela n'est pas toujours vrai, capacités techniques aidant; mais dans le cas de Rachmaninov, redoutable pianiste s'il en fut, on ne peut avoir aucun doute, surtout quand il a pour partenaire nul autre que le grand Eugène Ormandy et son fabuleux Philadelphia Orchestra. Qu'on ne s'inquiète pas de la qualité de la prise de son : le repiquage Naxos est rien moins que miraculeux, nous offrant d'une manière naturelle les timbres du piano et les belles sonorités d'un grand orchestre américain. Ce disque est un must pour tous les fans de Rachmaninov.

2 – Vladimir Ashkenazy (Decca Legends – Legendary performances 1963)
Tout frais émoulu d'une Union soviétique qui étouffait sa personnalité artistique (et qu'il devait d'ailleurs quitter définitivement peu après cet enregistrement), Ashkenazy démontre déjà les traits caractéristiques de son approche dans Rachmaninov. Jamais soucieux d'effet d'estrade, il joue au premier mouvement la 1ère, plus courte et aussi plus subtile des 2 cadences laissées par le compositeur. Les tempi ne sont pas pressés, et on sent le musicien soucieux d'exprimer toute la poésie voulue par le compositeur, sans chercher à démontrer sa virtuosité ou sa puissance de jeu (qui ne sont pas négligeables, on le sait). Le très sous-estimé Fistoulari galvanise un LSO des meilleurs jours; la prise de son est un peu métallique et le report n'est pas le meilleur de DECCA
de ces récentes années.

3 - Byron Janis (Mercury Living presence 1961)
Janis est le prototype du pianiste américain virtuose à la sonorité brillante. Il est à la fois capable de jouer avec force et célérité. À quelques secondes près, cette version présente rigoureusement les mêmes minutages que l'enregistrement de 1957 avec Münch. C'est dire que l'interprétation de Janis était arrivée à maturité et qu'il avait un sentiment interne très fort de la mesure d'une pièce. Suivi par l'énergique Dorati, il nous livre donc une version presque tout aussi excitante que celle de Boston. Si on n'écoute pas un tel enregistrement avec la tête entre les deux mains, on n'en est pas moins enthousiasmé par un jeu romantique à souhait et une dynamique à l'emporte pièce qui rend bien le côté brillant et virtuose de ce qui est après tout un des plus brillants et difficiles concertos du répertoire

4 -
Martha Argerich (Philips - Live Berlin 1982)

La pochette proclame humblement: "THE BEST recording of RACH 3". Si cet enregistrement a indéniablement de la personnalité, grâce bien sûr à la charismatique soliste, on me permettra toutefois, tout en l'appréciant, de lui en préférer quelques autres. En effet, Argerich est fantasque, et ses changements d'humeur et de tempo brusques déroutent un peu un orchestre vaillant mais point virtuose. D'ailleurs toute cette version a un certain aspect un peu précipité, et les mélodies ne sont pas aussi carressantes qu'elles le pourraient. Chailly n'est pas reconnu comme un grand spécialiste de Rachmaninov, et j’ai connu des orchestres plus investis émotivement qu'ici. La prise de son n'est pas terrible, avec beaucoup de bruits de salle (c'est un enregistrement public) et un son étriqué, étouffé et mat. Bref, si ce n'était de la forte personnalité d'Argerich et d'un marketing certes vulgaire mais néanmoins efficace, je doute fort que ce disque vendrait autant qu'il ne le fait. Cette version vaut le détour, à n'en pas douter; mais "THE BEST" ? On me permettra d'avoir des réserves - du moins pour ceux qui préfèrent Rachmaninov à "RACH"....


Noan - BR

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16 décembre 2006

Assimilé à un enfant prodige…

David Helfgott passe toute son enfance en Australie alors qu'il étudie tout d'abord avec son père, il poursuit sa formation chez un professeur particulier des environs de Melbourne. Glanant de nombreux prix lors de concours nationaux, il est vite remarqué pour sa grande aisance. Il part bientôt pour l'Angleterre et le Royal Collège of Music de Londres. Le nom de David Helfgott reste indissociablement lié è une des œuvres majeures du répertoire post-romantique : le 3ème concerto en ré mineur opus 30 de Rachmaninov. C'est cette même œuvre qu'il interpréta pour son diplôme de fins d'étude de la célèbre institution musicale britannique.

Si Helfgott fut assimilé à un enfant prodige, il était néanmoins particulièrement fragile psychologiquement et les sources de ses troubles mentaux ne peuvent être clairement identifiées. On a souvent parlé de la relation conflictuelle qui aurait existé entre David Helfgott et son père comme le montrent les scènes du film. Mais aux dires des membres de la famille Helfgott, précisément la sœur cadette, les choses ne sont pas si simples et Helfgott reste de ce fait un personnage complexe et très mystérieux.

Au milieu des années 1990, après la sortie du film, le public mélomane s'est épris de fascination mais aussi de compassion pour cette nouvelle figure pianistique. Depuis sa réapparition sur la scène internationale, les critiques n'ont pas hésité à valoriser les failles techniques au détriment de la spontanéité et de l'âme. Très contesté par les professionnels, il remporte cependant le soutien du public qui le trouve tellement sensible, attachant, anti-conformiste malgré lui et décalé. En effet, quoi de plus étrange qu'un pianiste qui parle, lance des onomatopées en jouant et court sur la scène pour saluer le public. Mais c'est avec une grande joie que le monde musical a pu voir la renaissance d'un pianiste au talent indescriptible. Un tel retour n'est-il pas l'exemple que la musique peut surpasser tous les déboires de la vie ?

Noan - BR

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15 décembre 2006

Entre Rain man et Amadeus…

Shine
Australie - Drame - 1996
Un film de Scott Hicks et la participation de Mr et Mme Helfgott
Avec Geoffrey Rush, Lynn Redgrave, Noah Taylor, John Gielgud


Troisième et dernier enfant d'une famille d'immigrés juifs polonais installée en Australie, David Helfgott a manifesté dès son plus jeune âge des dons de pianiste qui font la fierté de son père, Peter. Père autoritaire qui forçant ce fils à devenir un parfait pianiste, l’éduque et le prive de ses plus belles années pour lui permettre d’accéder au statut de Maestro, le poussant sans cesse à devenir le meilleur.

Un jour, lors d'un concours, David attire l'attention d'un certain Ben Rosen, qui propose de le prendre comme élève. Grâce à celui-ci, il franchit un palier décisif et accumule dès lors les récompenses. Si bien que quelques années plus tard le grand Isaac Stern en personne lui offre de poursuivre son apprentissage dans son académie, aux Etats-Unis. Mais Peter ne peut se résoudre à voir son fils lui échapper.Le jeune prodige, se voit alors offrir une bourse pour aller apprendre la musique à Londres (Academy Royale de Musique).

Il accepte devant ainsi s'affranchir de cette autorité paternelle. Au Royaume Uni, lors du grand soir où il doit jouer la partition de sa vie (Concerto N°3 pour piano et orchestre de Rachmaninov), David est foudroyé sur place par une attaque cérébrale et son destin de pianiste s'effondre...Dans Shine, le réalisateur Scott Hicks et l'auteur Jan Sardi dévoilent une biographie non conventionnelle à propos d'un jeune pianiste virtuose devenant presque fou en partie à cause de la protection monstrueuse de son père.

Adulte, il trouve une rédemption inespérée grâce à une femme étonnamment compréhensive. Des performances dépassant l'excellence, incluant des contributions lumineuses de Lynn Redgrave et Sir John Gielgud, un tour de force puissant de la part de Armin Mueller-Stahl, plus qu’une narration forte et émotive, ce film, tiré d’un fait réel, et un véritable chef d’œuvre.Quelque part entre Rain man et Amadeus, en plus intimiste, Shine a brillé à Sundance, Toronto (prix du public et prix du jury) et reçu de nombreux prix.

Avec un record « d'Oscars » australiens (meilleur acteur, meilleur second rôle, meilleur scénario) en 1996, Shine a aussi été élu meilleur film par le Bureau National des Critiques aux USA. Il est nominé 5 fois aux Golden Globes et reçoit l’Oscar du meilleur acteur en 1997 ainsi que l’ours d’or d’interprétation masculine en 1997 au festival de Berlin. Le film a amassé dans un petit circuit de salles près de 15 millions de $. Les acteurs Geoffrey Rush et Noah Taylor ont été primés un peu partout, de Los Angeles à New York. Un film a voir absolument…

Noan - BR

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12 novembre 2006

Un moment de pur bonheur

Libre propos consacré à deux concertos pour piano et à un interprète touché par la grâce : François-René Duchâble, pianiste.

Tout d’abord le concerto N°2 de Sergueï Rachmaninov (1873-1943). Dans cette œuvre le piano est Roi et l’orchestre son humble serviteur ! En cela très similaire au concerto N°2 de Camille Saint-Saëns (1835-1921). Ces deux concerti comptent parmi les plus belles œuvres du répertoire pianistique et sont cependant loin d’être unanimement appréciées par les mélomanes et souvent méconnues du grand public...


Elles expriment un romantisme particulièrement intense, commun aux deux compositeurs qui marqueront leur époque par cette seule caractéristique. Elles sont saisissantes, avec un je ne sais quoi d’envoûtant et de nostalgique. Avec ces concertos, Rachmaninov et Saint-Saëns ont atteint, une musicalité parfaite alliée à un lyrisme exacerbé et particulièrement concentré.

Ce qui les séparent ? Une palette orchestrale différente, sans aucun doute, colorée, variée, fournie pour le N°2 de Rachmaninov. Plus subtile, riche et sans recherche d'effets trop extériorisés pour le N°2 de Saint-Saëns.

Leur point commun ? Une omniprésence de l’instrument qui reste tout simplement inégalée dans l’œuvre concertante pour piano, exception faite du concerto pour piano en la mineur de d’Edvard Grieg (1843-1907). Rachmaninov composera d’ailleurs son sublime N°2 sous l’emprise de ce dernier, tout simplement parce que son ami Alexander Siloti (1863-1945) le travaillait à Ivanovka (nom de la maison de Rachmaninov près de Moscou). Dans ces deux œuvres, piano et orchestre évoluent dans une sorte de perpétuel dialogue, lumineux, riche et intense qui confine au remarquable, au sublime, à la perfection !

Les interprétations de Duchâble sur ces deux œuvres ne semblent pas emporter tous les suffrages. Et pourtant… elles sont brillantes et pleines de caractère, à l’image du soliste. De plus, Duchâble fait preuve d’une rigueur de jeu alliée à une virtuosité à vous couper le souffle. Outre, une maturité parfaite et une sonorité pure, il met particulièrement les notes aiguës en relief.

Certains reprochent à Duchâble sa froideur. Au contraire ! On le sent investi, imprégné, donnant le meilleur de lui-même le tout en quête d’une absolue perfection qu’il atteint sans difficultés sur les deux œuvres. Bref quelques rares moments de pur bonheur à écouter sans modération...


Noan - BR
Paru au journal interne de la DDTEFP 44 - Septembre 2005

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16 juin 2006

L’éternel masculin ou le sens de la perfection…

Le génie, a-t-on coutume de dire, est « le sens infini de l'effort ». Cette définition pourrait tout aussi bien convenir au gentleman, au vrai, à celui qui ne laisse rien au hasard. Il ne lui suffit pas de se vêtir impecca­blement et d'avoir une présentation très soignée : c'est l'intégralité de sa personne qui doit être parfaite.

 

Dans les années 1930, vivait en Angleterre un artiste de variétés dont les affiches disaient « Billy Bennett, presque un gentleman ». Mais c'est une aberration. On ne peut pas être « presque » un gentleman : on l'est ou on ne l'est pas. Il existe des normes et il faut les res­pecter. Il est préférable, pour quiconque estime la barre trop haute, de renoncer tout de suite. Edmund Burke, philosophe anglais du XVIII siècle, affirmait dans une lettre adressée à l'un de ses amis : « Le roi peut anoblir quelqu'un, il ne peut en faire un gentleman. »

 

Ni le pouvoir ni la richesse ne transforment un homme en gentleman. Mais gloire à celui qui, grâce à ses efforts, en devient un...! Celui-là voit s'ouvrir à lui un monde merveilleux - dont seuls un petit nombre d'élus possè­dent la clef. Soudain tout s'éclaire : pour être un gent­leman, il ne suffit pas d'être bien vêtu, même si c'est une condition préalable. Un certain comportement est éga­lement requis. Le gentleman, le vrai, se doit d'être constam­ment correct et d'accomplir d'instinct ce qui convient de faire et ce, en toutes circonstances…


Noan - BR

 

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10 avril 2006

Ainsi s’ouvre la légende…

Pâques approche à grands pas et on ne pouvait pas « boucler » ce premier numéro sans un petit clin d’œil à cette tradition ancestrale. En effet, nous ne pouvions évoquer cette fête sans parler d’un artiste de génie : Carl Peter Fabergé, Orfèvre.

Carl Peter Fabergé, l'orfèvre de la cour de Russie, a conçu à la demande du tsar, cinquante-sept œufs de Pâques, tous plus somptueux les uns que les autres. Leur splendeur est telle qu'ils suscitent une admiration toujours grandissante.

L'histoire du premier œuf créé par Carl Peter Fabergé débute le 1er février 1885 par une lettre du tsar Alexandre III à son frère. Pour célébrer le vingtième anniversaire de ses fiançailles avec la tsarine Maria Fedorovna, il lui offrira, le 24 mars de cette même année, un œuf décoré dont la réalisation sera confiée à l'orfèvre de la Cour. Totalement satisfait par ce premier et somptueux présent, il en perpétuera la tradition jusqu'à sa mort.

Descendant d'une famille française émigrée et installée à Saint-Pétersbourg, Carl Peter Fabergé (1846-1920) reste devant l'histoire comme le dernier joaillier des tsars, le décorateur luxueux d'une ère monarchique rejetée dans le passé par les idéaux républicains enfantés parla Révolution de 1789.
 Après une jeunesse voyageuse en Italie, en France, en Angleterre, le jeune Carl reprend l'atelier paternel en 1872.

S'il démontre aussitôt des qualités exceptionnelles d'inventeur et de précurseur dans le choix des matériaux, ce virtuose hors pair de l'orfèvrerie use des canons du néoclassicisme, voire du rococo, témoignant d'une curieuse indifférence aux nouveautés de son temps.

C'est en 1885, à presque 40 ans, que se présente la chance de sa vie avec la commande, par Alexandre III, d'un cadeau pour la tsarine à l'occasion des fêtes de Pâques.

S'ouvre ainsi la légende, chaque année, enrichie, des 57 œufs de Fabergé.

Si les œufs de Fabergé ont acquis une réputation universelle, l'immense production de ses ateliers se signale par une qualité toujours exceptionnelle et une variété sans égale : broches, cadres, bijoux, vases, animaux, accessoires de bureau, coffrets à cigares, fleurs...

Noan – BR
Paru au journal interne de la DDTEFP
44 en mars 2005

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