10 décembre 2008
Moulin Rouge : Un show à l'américaine
Comédie musicale de Baz Lurhmann -Etats Unis 2001
Avec Nicole Kidman et Erwan Mc Gregor
Après Ballromm Dancing, histoire d'une Cendrillon de la Danse, Roméo et Juliette, Shakespeare version rock, Baz Lurhmann réalise Moulin Rouge ou l'histoire de Christian, un jeune et pauvre poète romantique, qui s'installe à Montmartre, habitant dans un hôtel miteux, endroit où l'on boit de l'absinthe avec Satie et Toulouse Lautrec. Un soir, après un show du Moulin Rouge, Christian se retrouve dans "l'éléphant" où vit la belle Satine, reine des nuits montmartroises. Après quelques verres dans les nuages, ils tombent amoureux l'un de l'autre. Mais sur terre, le Duc, riche mécène du Moulin Rouge, veille et va tout faire pour posséder la belle Satine. On reconnaît bien là le style de Baz Lurhmann. L'amour, thème toujours dominant dans ses films.
Moulin
Rouge est un film sans intérêt ou l'histoire d'amour, d'une extrême
banalité, sonne faux. Un show à l'américaine qui nous montre un Paris à
la Burton avec des acteurs au "smile" un peu trop Hollywoodien, loin,
très loin de ce que l'on imagine être le Paris du début du XXème
siècle. Bref, Moulin Rouge, produit purement marketing, est terrifiant
de médiocrité. Un mélodrame assourdissant ou les clichés, les
mouvements saccadés de la caméra et les chansons empruntées à toutes
les époques ne font que rajouter à la pauvreté de ce film et ce, malgré
son budget colossal. Comment ce film a t-il pu rencontrer un tel succès ?
18 juillet 2007
Anna au fil du Temps
Anna
et le roi
Etats
Unis – Comédie Sentimentale – 1999
Un
film d’Andy Tennant
Avec
Jodie Foster et Chung Yun Fat
la Cour1862.
Deux ans après avoir perdu son mari, Anna Leonowens quitte l’Inde avec son
jeune fils Louis et se rend au Siam afin d’assurer l’éducation des 58 enfants
du Roi Mongkut. Derrière la beauté exotique et l’opulence de la cour, l’institutrice découvre
un monde complexe et secret, dominé par la figure d’un « dieu vivant » qui
exerce sur ses sujets un pouvoir sans partage.
Les
heurts sont donc fréquents entre ces deux fortes personnalités, mais la joute,
aussi vive soit-elle, n’entame pas l’estime réciproque que se vouent Anna et le
Roi. Derrière le monarque absolu, l’institutrice découvre, au fil des mois, un
homme légitimement inquiet de l’avenir de sa dynastie et fragilisé par des
intrigues de palais qui menacent directement sa sécurité. Un homme courageux,
lucide, généreux, séduisant, fier et dominateur, dont elle marquera à jamais la
vie. Une nouvelle version de la touchante histoire d’une préceptrice anglaise à
la cour du roi du Siam.
Les
paysages sont grandioses, le jeu de lumière sur le décor nous fait voyager sur
notre fauteuil ; Jodie Foster, égale à elle même, est pourtant loin d’être
représentative d’une « Anna » à l’anglaise, un peu trop « franco-américaine ».
Kristin Scott Thomas, pressentie initialement pour le rôle aurait certainement
eu cette réserve caractéristique des britanniques qui manque singulièrement à
Jodie Foster… Mais Jodie est Jodie et on comprend pourquoi elle a accepté ce
rôle. Tandis qu'elle voulait offrir à son bébé Charles une ouverture à d'autres
cultures, c'est exactement ce motif qui pousse Anna à venir au Siam. La
curiosité. C'est d'ailleurs le plus beau message du film : le métissage, la
découverte, l'apprentissage, et évidemment la communication entre les
civilisations... Une vision et un enseignement qui contribueront au maintient
de l'indépendance du Siam, à l'abolition de l'esclavage et à la réforme de la
justice, par le fils du Roi, et élève d'Anna.
La
véritable surprise de ce film vient de Chow Yun Fat qui tient son « trône » en
vrai roi, comme s'il avait tenu ce rôle toute sa vie. Conférant au Roi Mongkut
une véritable dimension politique bien que plus jeune. En effet, en 1862
Mongkut était alors âgé de 58 ans. Mais Poignant dans ses émotions, son jeu
n'est en rien rigide. Il est parfait. Une excellente performance nous montrant
à quel point son statut de star du cinéma de Hong Kong n'est pas usurpé.
100
ans après cette histoire un peu démodée, le cinéma aura inventé Vacances
Romaines, et en cette fin de siècle Coup de Foudre à Notting Hill ...
L'évolution des mœurs aidant, de Monarque en star de cinéma, de professeur
veuve en bouquiniste divorcé, la relation d'Anna et de ce Roi aurait été moins
pudique, plus qu'une simple joue effleurée de la main. Elle aurait été
(physiquement) possible de nos jours. Comme un oeuf peut rentrer dans une
carafe. Question de climat.
Noan
- RB
13 mars 2007
Maksim Mrvica : Un pianiste hors du commun
Atypique, c’est le moins que l’on puisse dire… Maksim Mrvica pianiste hors normes qui décide de sortir des interprétations purement classiques pour rentrer dans un style qui va devenir sa marque de fabrique. Du classique avec un judicieux mélange de percussions, batterie, basse, guitares électriques et synthé… le tout savamment orchestré sous sa main, son œil et surtout son oreille. L’œuvre qui va le faire connaître du grand public sera « cubana, cubana » dont le compositeur n’est autre que Tonci Huljic, un compatriote croate de ce prodige, qui participa, entre autres, avec Vangelis à la création de la bande originale du film Alexandre le Grand…
Maksim Mrvica est Né en 1975 à Sibenik, sur la côte Dalmate, il est âgé de neuf ans lorsqu'il se produit pour la première fois en public. Il a fait ses études à l’Académie de musique de Zagreb dans la classe de Vladimir Krpan, au Conservatoire Frantz Liszt (Ferenc Liszt en Hongrois) de Budapest.
Il prend la décision de
faire ses études à Paris et intègre le prestigieux Conservatoire Alexandre
Scriabine et il poursuit son perfectionnement dans de nombreux séminaires,
travaillant avec des pianistes de renommée mondiale.Parallèlement, il donne de
nombreux concerts en Croatie, notamment comme soliste avec l'orchestre symphonique
de la Radio télévision Croate, mais également à Salzbourg, Vienne, Genève,
Budapest, Saint-Pétersbourg ou Paris, où il participa en 1999 au Festival de l'art slave.
Il fut lauréat en 1993 du Concours national des jeunes musiciens croates, gagne en 1999 le Grand Prix à Paris du concours international Nicolaï Rubinstein, et s'impose en 2001 aux 11e Rencontres internationales des jeunes pianistes où il remporte le Grand Prix au Concours international de Pontoise. Il a reçu plusieurs prix pour la qualité de son travail, notamment le Prix du Recteur de l'Université à Zagreb en 1997, ainsi que le Prix Rotary de Vienne en 1998.
Parmi ses professeurs on compte des noms aussi prestigieux que Igor Lazko, Semion Balshem, Serge Senkov, Nina Kazimirova, Edit Picht-Axenfeld, Laszlo Baranyay ou encore Christine Parashos. Il est actuellement professeur au Conservatoire National de Zagreb. Il consacre une forte activité pour présenter les œuvres des compositeurs croates et a sorti en 2001 un CD aux éditions « Cantus » éditeur Croate située à Zagreb : « Les gestes », interprétant les œuvres de Detoni, Tarbuk, Josipović, Bradić, Parać, Seletković Drakulić. Sur ce CD, toutes les générations des compositeurs croates y sont représentées. Il contribue aussi au développement de la Biennale de la musique contemporaine de Zagreb (créé en 1961).
Dans le même style que celui que nous donne Maksim, on connaissait Vanessa Mae pour ses interprétations violonistiques très personnelles notamment celles du répertoire baroque (interprétations de la Fugue et Toccata en ré mineur de Bach, sans oublier le 3ème mouvement du concerto pour violon « l‘Estate » en sol mineur de Vivaldi), mais le précurseur de cette esthétique musicale restera incontestablement, et pour beaucoup, le groupe « Rondo Veneziano » qui rencontra un vif succès dans les années 80. Ce style peut être contestable pour les puristes du genre « classique, classique » mais il mériterait, à mon humble avis, d’être plus reconnu du grand public car il permet, d’une certaine façon une ouverture sur le monde du classique réservé, encore trop souvent et pour certain, à une élite. !
Cela dit, Maksim est un remarquable virtuose, il suffit, pour s’en convaincre, de l’écouter en concert dans quelques nocturnes de Chopin ou dans des sonates de Brahms ou de Haydn…son jeu est surprenant, ses mains, telles des tarentules, (certains diraient qu’elles sont Rachmaninoviennes) courent le long du clavier à une telle vitesse allant d’accords en arpèges, de mouvements parallèles en mouvements contraires, les gammes sont d’une netteté, d’une précision… Quand il interprète, une puissance intérieure se dégage lui conférant un extérieur absolument électrisant, envoûtant… Outre une technique remarquable, Maksim c’est aussi un charisme, un regard, une beauté et le plus surprenant un look qui dans tous les cas lui donne une image peu conforme à celle que l’on peut se faire d’un virtuose…
Variations (1999) – Les gestes (2001) - The player piano (2003) - The new world (2005) - Electrick (2008)
Un grand merci à Seadeta MIDZIC, Ministre
conseiller aux affaires culturelles de l’Ambassade de Croatie et musicologue
pour son aimable collaboration.
Noan - BR
17 décembre 2006
La transition est toute trouvée...
Avec Shine et David Helfgott, la transition est
toute trouvée pour évoquer ce troisième concerto de Rachmaninov. Brève histoire
de ce concerto pour piano et orchestre en ré mineur opus 30 d’une part, et une
petite discographie comparée d’autre part. Quelques incontournables à posséder
dans sa discothèque…
Les enregistrements :
1 – Serguei Rachmaninov (Naxos - Historical Recording 1939 et 1940)
Qui mieux que le compositeur peut nous révéler la vérité de
son œuvre ? Certes, cela n'est pas toujours vrai, capacités techniques
aidant; mais dans le cas de Rachmaninov, redoutable pianiste s'il en fut, on ne
peut avoir aucun doute, surtout quand il a pour partenaire nul autre que le
grand Eugène Ormandy et son fabuleux Philadelphia Orchestra. Qu'on ne
s'inquiète pas de la qualité de la prise de son : le repiquage Naxos est rien
moins que miraculeux, nous offrant d'une manière naturelle les timbres du piano
et les belles sonorités d'un grand orchestre américain. Ce disque est un must
pour tous les fans de Rachmaninov.
2 –
Vladimir Ashkenazy (Decca Legends – Legendary performances 1963)
Tout frais émoulu d'une
Union soviétique qui étouffait sa personnalité artistique (et qu'il devait
d'ailleurs quitter définitivement peu après cet enregistrement), Ashkenazy
démontre déjà les traits caractéristiques de son approche dans Rachmaninov.
Jamais soucieux d'effet d'estrade, il joue au premier mouvement la 1ère, plus
courte et aussi plus subtile des 2 cadences laissées par le compositeur. Les tempi
ne sont pas pressés, et on sent le musicien soucieux d'exprimer toute la poésie
voulue par le compositeur, sans chercher à démontrer sa virtuosité ou sa
puissance de jeu (qui ne sont pas négligeables, on le sait). Le très
sous-estimé Fistoulari galvanise un LSO des meilleurs jours; la prise de son
est un peu métallique et le report n'est pas le meilleur de DECCA de ces récentes
années.
3 - Byron Janis (Mercury Living presence 1961)
Janis est le prototype
du pianiste américain virtuose à la sonorité brillante. Il est à la fois
capable de jouer avec force et célérité. À quelques secondes près, cette
version présente rigoureusement les mêmes minutages que l'enregistrement de
1957 avec Münch. C'est dire que l'interprétation de Janis était arrivée à maturité
et qu'il avait un sentiment interne très fort de la mesure d'une pièce. Suivi
par l'énergique Dorati, il nous livre donc une version presque tout aussi
excitante que celle de Boston. Si on n'écoute pas un tel enregistrement avec la
tête entre les deux mains, on n'en est pas moins enthousiasmé par un jeu
romantique à souhait et une dynamique à l'emporte pièce qui rend bien le côté
brillant et virtuose de ce qui est après tout un des plus brillants et
difficiles concertos du répertoire
4 -
Martha Argerich (Philips -
Live Berlin 1982)
La pochette proclame humblement:
"THE BEST recording of RACH 3". Si cet
enregistrement a indéniablement de la personnalité, grâce bien sûr à la
charismatique soliste, on me permettra toutefois, tout en l'appréciant, de lui
en préférer quelques autres. En effet, Argerich est fantasque, et ses
changements d'humeur et de tempo brusques déroutent un peu un orchestre
vaillant mais point virtuose. D'ailleurs toute cette version a un certain
aspect un peu précipité, et les mélodies ne sont pas aussi carressantes
qu'elles le pourraient. Chailly n'est pas reconnu comme un grand spécialiste de
Rachmaninov, et j’ai connu des orchestres plus investis émotivement qu'ici. La
prise de son n'est pas terrible, avec beaucoup de bruits de salle (c'est un
enregistrement public) et un son étriqué, étouffé et mat. Bref, si ce n'était
de la forte personnalité d'Argerich et d'un marketing certes vulgaire mais
néanmoins efficace, je doute fort que ce disque vendrait autant qu'il ne le
fait. Cette version vaut le détour, à n'en pas douter; mais "THE
BEST" ? On me permettra d'avoir des réserves - du moins pour ceux qui
préfèrent Rachmaninov à "RACH"....
Noan - BR
16 décembre 2006
Assimilé à un enfant prodige…
David Helfgott passe toute son enfance en Australie
alors qu'il étudie tout d'abord avec son père, il poursuit sa formation chez un
professeur particulier des environs de Melbourne. Glanant de nombreux prix lors
de concours nationaux, il est vite remarqué pour sa grande aisance. Il part
bientôt pour l'Angleterre et le Royal Collège of Music de Londres. Le nom de
David Helfgott reste indissociablement lié è une des œuvres majeures du
répertoire post-romantique : le 3ème concerto en ré mineur opus 30 de
Rachmaninov. C'est cette même œuvre qu'il interpréta pour son diplôme de fins
d'étude de la célèbre institution musicale britannique.
Au milieu des années 1990, après la sortie du film,
le public mélomane s'est épris de fascination mais aussi de compassion pour
cette nouvelle figure pianistique. Depuis sa réapparition sur la scène
internationale, les critiques n'ont pas hésité à valoriser les failles
techniques au détriment de la spontanéité et de l'âme. Très contesté par les
professionnels, il remporte cependant le soutien du public qui le trouve
tellement sensible, attachant, anti-conformiste malgré lui et décalé. En effet,
quoi de plus étrange qu'un pianiste qui parle, lance des onomatopées en jouant
et court sur la scène pour saluer le public. Mais c'est avec une grande joie
que le monde musical a pu voir la renaissance d'un pianiste au talent
indescriptible. Un tel retour n'est-il pas l'exemple que la musique peut
surpasser tous les déboires de la vie ?
Noan - BR
15 décembre 2006
Entre Rain man et Amadeus…
Shine
Australie - Drame - 1996
Un film de Scott Hicks et la participation de Mr et
Mme Helfgott
Avec
Geoffrey Rush, Lynn Redgrave, Noah Taylor, John Gielgud
Troisième et dernier enfant d'une famille
d'immigrés juifs polonais installée en Australie, David Helfgott a manifesté
dès son plus jeune âge des dons de pianiste qui font la fierté de son père,
Peter. Père autoritaire qui forçant ce fils à devenir un parfait pianiste,
l’éduque et le prive de ses plus belles années pour lui permettre d’accéder au
statut de Maestro, le poussant sans cesse à devenir le meilleur.
Il
accepte devant ainsi s'affranchir de cette autorité paternelle. Au Royaume Uni,
lors du grand soir où il doit jouer la partition de sa vie (Concerto N°3 pour
piano et orchestre de Rachmaninov), David est foudroyé sur place par une
attaque cérébrale et son destin de pianiste s'effondre...
Adulte, il trouve une rédemption inespérée grâce à une
femme étonnamment compréhensive. Des performances dépassant l'excellence,
incluant des contributions lumineuses de Lynn Redgrave et Sir John Gielgud, un
tour de force puissant de la part de Armin Mueller-Stahl, plus qu’une narration
forte et émotive, ce film, tiré d’un fait réel, et un véritable chef d’œuvre.
Avec un record « d'Oscars » australiens (meilleur
acteur, meilleur second rôle, meilleur scénario) en 1996, Shine a aussi été élu
meilleur film par le Bureau National des Critiques aux USA. Il est nominé 5
fois aux Golden Globes et reçoit l’Oscar du meilleur acteur en 1997 ainsi que
l’ours d’or d’interprétation masculine en 1997 au festival de Berlin. Le film a
amassé dans un petit circuit de salles près de 15 millions de $. Les acteurs
Geoffrey Rush et Noah Taylor ont été primés un peu partout, de Los Angeles à
New York. Un film a voir absolument…
Noan
- BR
12 novembre 2006
Un moment de pur bonheur
Tout d’abord le concerto N°2 de
Sergueï Rachmaninov (1873-1943). Dans cette œuvre le piano est Roi et l’orchestre
son humble serviteur ! En cela très similaire au concerto N°2 de Camille
Saint-Saëns (1835-1921). Ces deux concerti comptent parmi les plus belles
œuvres du répertoire pianistique et sont cependant loin d’être unanimement
appréciées par les mélomanes et souvent méconnues du grand public...
Elles expriment un romantisme particulièrement
intense, commun aux deux compositeurs qui marqueront leur époque par cette
seule caractéristique. Elles sont saisissantes, avec un je ne sais quoi
d’envoûtant et de nostalgique. Avec ces concertos, Rachmaninov et Saint-Saëns
ont atteint, une musicalité parfaite alliée à un lyrisme exacerbé et
particulièrement concentré.
Ce qui les séparent ? Une palette
orchestrale différente, sans aucun doute, colorée, variée, fournie pour le N°2
de Rachmaninov. Plus subtile, riche et sans recherche d'effets trop
extériorisés pour le N°2 de Saint-Saëns.
Leur point commun ? Une
omniprésence de l’instrument qui reste tout simplement inégalée dans l’œuvre
concertante pour piano, exception faite du concerto pour piano en la mineur de
d’Edvard Grieg (1843-1907). Rachmaninov composera d’ailleurs son sublime N°2
sous l’emprise de ce dernier, tout simplement parce que son ami Alexander
Siloti (1863-1945) le travaillait à Ivanovka (nom de la maison de Rachmaninov
près de Moscou). Dans ces deux œuvres, piano et orchestre évoluent dans une
sorte de perpétuel dialogue, lumineux, riche et intense qui confine au
remarquable, au sublime, à la perfection !
Les interprétations de Duchâble
sur ces deux œuvres ne semblent pas emporter tous les suffrages. Et pourtant…
elles sont brillantes et pleines de caractère, à l’image du soliste. De plus,
Duchâble fait preuve d’une rigueur de jeu alliée à une virtuosité à vous couper
le souffle. Outre, une maturité parfaite et une sonorité pure, il met
particulièrement les notes aiguës en relief.
Certains reprochent à Duchâble sa
froideur. Au contraire ! On le sent investi, imprégné, donnant le meilleur de
lui-même le tout en quête d’une absolue perfection qu’il atteint sans
difficultés sur les deux œuvres. Bref quelques rares moments de pur bonheur à
écouter sans modération...
Noan - BR
Paru au journal interne de la DDTEFP 44 - Septembre 2005
16 juin 2006
L’éternel masculin ou le sens de la perfection…
Le génie, a-t-on coutume de dire, est « le
sens infini de l'effort
». Cette définition pourrait tout aussi bien convenir
au gentleman, au vrai, à celui qui ne laisse rien au hasard. Il ne lui suffit pas de se vêtir impeccablement et
d'avoir une présentation très soignée : c'est l'intégralité de sa
personne qui doit être parfaite.
Dans les années 1930, vivait en Angleterre un
artiste de variétés dont les affiches disaient « Billy Bennett, presque un
gentleman ». Mais c'est une aberration. On ne peut pas être « presque »
un gentleman : on l'est ou on ne l'est pas. Il existe des normes et il
faut les respecter. Il est préférable, pour quiconque estime la
barre trop haute, de renoncer tout de suite. Edmund Burke, philosophe
anglais du XVIII siècle, affirmait dans une lettre adressée à l'un de ses
amis : « Le roi peut anoblir quelqu'un, il ne peut en faire un gentleman. »
Ni le pouvoir ni la richesse ne transforment un homme en gentleman. Mais gloire à celui qui, grâce à
ses efforts, en devient un...!
Celui-là voit s'ouvrir à lui un monde merveilleux - dont seuls un petit
nombre d'élus possèdent la clef. Soudain
tout s'éclaire : pour être un gentleman,
il ne suffit pas d'être bien vêtu, même si c'est une condition préalable. Un certain comportement est
également requis. Le gentleman, le
vrai, se doit d'être constamment
correct et d'accomplir d'instinct ce qui convient de faire et ce, en toutes
circonstances…
Noan - BR
10 avril 2006
Ainsi s’ouvre la légende…
Pâques approche à
grands pas et on ne pouvait pas « boucler » ce premier numéro sans un
petit clin d’œil à cette tradition ancestrale. En effet, nous ne pouvions évoquer cette fête sans parler
d’un artiste de génie : Carl Peter Fabergé, Orfèvre.
Carl Peter
Fabergé, l'orfèvre de la cour de Russie, a conçu à la demande du tsar,
cinquante-sept œufs de Pâques, tous plus somptueux les uns que les autres.
Leur splendeur est telle qu'ils suscitent une admiration toujours grandissante.
L'histoire du
premier œuf créé par Carl Peter Fabergé
débute le 1er février 1885 par une lettre du tsar Alexandre III à son
frère. Pour célébrer le vingtième anniversaire de ses fiançailles avec la
tsarine Maria Fedorovna, il lui offrira, le 24 mars de cette même année, un œuf
décoré dont la réalisation sera confiée à l'orfèvre de la Cour. Totalement satisfait par ce premier et somptueux présent, il en perpétuera la tradition
jusqu'à sa mort.
Descendant d'une
famille française émigrée et installée à Saint-Pétersbourg, Carl Peter Fabergé
(1846-1920) reste devant l'histoire comme le dernier joaillier des tsars,
le décorateur luxueux d'une ère
monarchique rejetée dans le passé par les idéaux républicains enfantés parla Révolution de 1789.
S'il démontre
aussitôt des qualités exceptionnelles d'inventeur et de précurseur dans le
choix des matériaux, ce virtuose hors pair de l'orfèvrerie use des canons du
néoclassicisme, voire du rococo, témoignant d'une curieuse indifférence aux
nouveautés de son temps.
C'est en 1885, à
presque 40 ans, que se présente la chance de sa vie avec la commande, par
Alexandre III, d'un cadeau pour la tsarine à l'occasion des fêtes de Pâques.
S'ouvre ainsi la
légende, chaque année, enrichie, des 57 œufs de Fabergé.
Si les œufs de
Fabergé ont acquis une réputation
universelle, l'immense production de ses ateliers se signale par une qualité
toujours exceptionnelle et une variété sans égale : broches, cadres, bijoux,
vases, animaux, accessoires de bureau, coffrets à cigares, fleurs...
Noan – BR
Paru au journal
interne de la DDTEFP 44 en mars 2005
